profil d'un chesapeake

profil d'un curly

profil d'un flat
profil d'un golden
profil d'un labrador
profil d'un nova

Par Jean Marc Wurtz (en collaboration avec Bruno Claeys)

 

Notre club est né en mai 1911 sous le nom de Retriever Club Français. Il ne prendra sa dénomination actuelle que bien plus tard, après le second conflit mondial.

Monsieur le Duc de LesparrePremière période : de sa création jusqu’au sortir de la seconde guerre mondiale.

Année 1911

C’est un article paru dans le numéro 177 du Figaro, le 26 juin 1911, qui nous apprend cette naissance sous la plume de Jacques Lussigny.

Le tout premier comité se composait de :

  • Président : Monsieur le Duc de Lesparre.

  • Vice-président : Monsieur Louis Tabourier.

  • Secrétaire et trésorier : Monsieur Ch. de Lesseps.

  • Membres : Le Comte de l’Aigle, le Baron Jaubert, L. Lamaignière, Jean de Vasson, Leon Thome et P. Verdè Delisle.

Le club a son siège social au sein des locaux de la Société Centrale Canine au 38 rue des Mathurins à Paris. Il s’agit du premier club dédié aux retrievers en Europe hors la Grande Bretagne.

 

«  Les statuts de ce club indiquent qu’il se propose d’encourager l’élevage du retriever (ndlr : c’est bien du et non des) de développer et de perfectionner ses qualités naturelles. Pour atteindre ce résultat, la nouvelle société organise des épreuves sur le terrain pendant la période de la chasse. Elle accorde, en outre, des prix aux classes field-trialers dans les expositions. Une semblable création s’imposait depuis longtemps. Les transformations de la chasse moderne, où la battue tient une place de plus en plus grande, ont rendu fort importante la place du retriever qui demande donc à être mise au point ».

 

La création du club paraît au journal officiel du 6 octobre 1911.

 

Le 23 novembre 1911 se tient la première  « journée de démonstration des capacités du retriever » sur invitation de la société de field trial de l’Indre. Elle a lieu sur le domaine du Duc De Valençay à

histoire2

Châteauroux. Un concours est ouvert aux chiens de toutes races et l’autre est réservé aux retrievers. Ce sont 5 chiens qui y participeront, Curlycoateds, Flatcoateds et Labradors. Le vainqueur en sera le Labrador Murdoch au Baron Jaubert.

 

Année 1912

Création des épreuves à la française au cours de la réunion de comité du 30 novembre.

Le club fait traduire en français et publie à l’attention de ses membres le livre de Sir Reginald Cooke, mythique éleveur de Flatcoateds sous affixe Riverside, « Le choix et le dressage des retrievers ».

Le 26 novembre était programmé le second concours pour retrievers sur la chasse de monsieur G. Bégot. Mais cette épreuve doit être annulée au dernier moment et se tiendra finalement le 27 décembre au domaine du Breuil chez monsieur Léon Thome. Ce concours comprenait une épreuve à l’anglaise et une épreuve à la française et se déroula sur des terrains rendus presque impraticables par une météo épouvantable.

Année 1913

Le club tient son AG au mois de mai dans le cadre de l’exposition canine de Paris. Le 15 novembre est organisé le field trial annuel au Breuil chez monsieur Thome.

histoire3

Année 1914

Le club se réunit le 22 mai dans le salon de la SCC en marge de l’exposition canine de Paris.

Puis c’est le silence jusqu’en 1921, première guerre mondiale oblige.

Année 1921

On sait juste que le président Lesparre publie, le 15 octobre, une annonce concernant le field trial annuel du club qui se tiendra « si le nombre de concurrents engagés est suffisant ».

Année 1924

On sait juste que le golden gagne en popularité et que le field trial annuel, qui s’est tenu chez le Comte de Chavagnac, fut d’un niveau très relevé.

Année 1926

Cette année-là, il est intéressant de retenir un petit détail du compte-rendu du field annuel qui s’est tenu à Chaubuisson en Seine et Marne le 11 décembre. Sous la plume de Louis De Lagarrige, chasseur et cynophile passionné, on pouvait lire : « Les retrievers dorés sont aussi des chiens de premier ordre pour le recherche du gibier et, personnellement, j’en connais deux, celui de Mr. P. Wertheimer et celui de Mr. Tinardon, qui sont positivement remarquables. Issus de races montagnardes, dont ils conservent la tête lourde, et croisés avec des races de chasse, ils sont très appréciés, bien que nous n’en voyions en France que de rares spécimens. Je n’en connais d’ailleurs que ces deux-là » !

Année 1928histoire4

C’est justement un Golden, appartenant à Mr. Wertheimer, qui obtient le prix spécial du Retriever Club lors de la 54ème exposition canine de Paris.

Année 1929

Une seule information cette année-là mais d’importance, c’est à présent monsieur Louis Tabourier qui assure la présidence de notre club. Il est présent en cette qualité à la 55ème exposition canine de Paris. De quand date la passation de pouvoir ? On l’ignore. Probablement après 1925. Le field trial annuel est annulé faute de participants.

 

Sur la photo ci contre : Monsieur Tabourier figure au centre, à sa gauche, un des personnages clé de l’histoire du Labrador : A.H. Hibbert, Vicomte de Knutsford qui fut le créateur en 1916 du Labrador Retriever Club

Années 1931 – 1933

On sait peu de choses si ce n’est que le club organise son field trial annuel.

Année 1934

On apprend que Labradors et Goldens gagnent en popularité et « sont à présent de plus en plus faciles à trouver ». Le curly reste encore très populaire en France. Le concours annuel du club se tient cette année-là dans la Sarthe chez le Marquis De Luart, membre du comité à cette époque.

Puis c’est le silence jusqu’au sortir de la seconde guerre mondiale. De 1949 nous savons juste que la reprise du field annuel est envisagée avant de rentrer dans une nouvelle zone d’ombre qui prendra fin avec la parution du tout premier bulletin du club en janvier 1969.

Deuxième période : de 1949 à 1964

Ce seront pourtant bien ces premières revues qui permettront à posteriori d’imaginer ce qui suit, sans aucune précision en ce qui concerne les dates.

Monsieur louis Tabourier assura la présidence du club probablement jusqu’en 1935 voir jusqu’au début de la guerre.

histoire5Lui succéda, comme monsieur le Comte Jules de Bonvouloir. Son nom n’apparaîtra dans le monde du Retriever qu’en 1934. Son affixe était Saint Jean du Bois. Il est impossible de dater l’étendue de son mandat. On sait juste qu’il était toujours président en 1948, année où il publia son célèbre livre consacré aux Retrievers et à leur dressage que notre club republiera bien plus tard. Il est très probable qu’il permit au club de ne pas disparaître totalement durant le second conflit mondial. La veuve du Comte figurait toujours dans l’annuaire des membres du club au début des années 1970.

Photo de gauche : le Comte Jules de Bonvouloir.

 

Au sortir de cette guerre, la présidence sera assurée par monsieur Henri Viguier. (Photo de droite)

Grand homme d’affaire, et qui était membre du club dès les premières années. On sait de histoire7la plume de Francis Lacarriere dans la revue annuelle de 1983 que : « Il héritera d’un club presque exsangue et il réussit à le redresser.

Jugeant sa mission accomplie, il céda la présidence à Maître Jacques Faroux ».

Jacques Faroux était notaire à Paris où il exerça de 1930 à 1968. Toujours dû aux souvenirs de monsieur Lacarriere : « Homme de dialogue et grand rassembleur, il donna une nouvelle impulsion à notre club, le faisant passer d’un cercle d’amis à un véritable club de race au sens où nous l’entendons aujourd’hui ».

En guise d’entre acte, la naissance du logo de notre club.

Et avant de passer à la période suivante, une petite anecdote. La création du logo du RCF. Il naquit à l’aube des années 1950 sous le crayon du célèbre artiste animalier Xavier De Poret (1897-1975). Je la tiens de la bouche de madame de St. Fuscien qui la tenait elle-même de celle du président Elie de Rothschild : « C’était au cours d’un dîner d’après chasse auquel participaient plusieurs membres du comité du club dont Mr. de Rotschild. On y évoqua le besoin d’un logo pour le club. Monsieur De Poret se mit alors à griffonner un dessin sur le coin d’une nappe en papier de la salle du restaurant. Une fois le dessin achevé, l’un des membres se saisi de ce coin de nappe en lançant : Ne touchez à rien, nous tenons ce dont nous avons besoin ».

Ce logo changera en 1989 adoptant un design peu convaincant. Le club reviendra à la version d’origine, certes un peu modifiée en 1996.

histoire8

Version d’origine - Version 1989 - Version 1996 à aujourd’hui.

Troisième période : de 1964 à 2000

Années 1964-1970.

histoire9Le Baron Elie de Rothschild accède à la présidence du club.

Photo de gauche : Monsieur le Baron Elie de Rothschild.

C’est sous sa présidence, en janvier 1969, que le RCF édite sa première revue après 58 ans d’existence. Dans son bref éditorial, le président salue cet « Embryon de revue » et nous dit : « … Nous nous efforceront par ce nouveau contact de promouvoir l’esprit de sportivité qui anime notre club et de continuer les grands principes qui justifièrent sa création à savoir, faire connaître et apprécier les retrievers pour leurs qualités naturelles de travail d’abord, puis encourager l’élevage judicieux qui concilie ces qualités essentielles avec le type que nous imposent les standards… »

Dans ce tout premier numéro, Maître Faroux, président d’honneur du RCF rend hommage au président Henri Viguier disparu en 1968. Homme d’affaire, il était notamment propriétaire du Bazar de l’Hôtel de Ville à Paris, il était également utilisateur de Pointers et grand amateur et propriétaire de chevaux de course. « …, il possédait son dresseur personnel, un anglais nommé Frost, dont le teint rubicond n’était sans doute pas dû uniquement au vent qui souffle sans obstacle dans les plaines de Bouges. Il avait une main de fer et les labradors de son patron étaient impeccables, mais auraient peut-être paru encore meilleurs s’ils avaient montré la gaité dans leur travail… ».

On se désole en ces temps-là de la faible présence des retrievers aux expositions de beauté : « …cela peut faire constater un jour aux éleveurs qu’ils se sont insensiblement écartés du standard à la faveur des qualités naturelles de travail. Pour nous qui sommes avant tout des utilisateurs, cela est tentant mais oh combien dangereux, considérant que les retrievers n’en sont en France qu’à leurs débuts et qu’il serait fâcheux de créer des souches, peut-être efficaces sur le terrain, mais tarées de défauts de conformation ».

On peut lire dans ce premier opus un long article de Walter Atkins, un anglais vivant en France et qui a fait beaucoup pour notre club. Il fut juge de travail et premier membre d’honneur de l’histoire du RCF. Sa vision de l’éducation des retrievers qu’il nous y livre est toujours d’actualité aujourd’hui et fut réédité dans l’un de nos bulletins en 2014

La démographie du Flatcoated et du Chesapeake était inquiétante, « ….deux races qui ne sont pour ainsi dire plus représentées en France ».

histoire10Le président Rothschild démissionne en 1970. Son successeur monsieur Marcel Devillette décédera peu après ses prises de fonctions d’une « courte et redoutable maladie ». L’AG du 23 juin 1970 élira à sa succession monsieur Francis Lacarriere.

Photo de droite : Monsieur Francis Lacarriere et à sa gauche monsieur Jean-Paul Labouret qui un des trésoriers du RCF.

Années 1971-1976

Le nouveau président du RCF inaugure son mandat avec un éditorial teinté d’humour : «….La grande presse parle souvent de nos Labradors associés à la recherche d’un nouveau gibier, qui ne connaît pas de saisons, migrateur et se dissimulant partout : la drogue. Ne souhaitons pas que par la force des choses celle-ci devienne l’ultime raison d’être de nos retrievers et que dans les années à venir vous vous voyez contraint de fixer le rendez-vous d’un Field sur le port de Marseille ! »

Le 5 septembre se déroule la première épreuve de dressage, l’ancêtre de nos épreuves sélectives. Elle a lieu chez monsieur le Comte Charles de Ganay à Fleury-En-Bière et a réuni 15 participants.

En cette même année 1971, 152 retrievers ont été confirmés alors que le LOF enregistrait 585 naissances de Labradors et 25 pour les Goldens. « Ces chiffres montrent l’extensions de nos retrievers et laissent prévoir des interventions de plus en plus nombreuses de nos juges. Leur travail d’ailleurs deviendra de plus en plus délicat et les occasions de refus certainement plus nombreuses… ». Suit le texte d’une lettre ouverte adressée aux juges pour leur rappeler les points de non-conformité : « … Nos points de non confirmation étaient au nombre de trois : le prognathisme, le fouet et trompette et la présence de seulement un ou de trois testicules… Ces points essentiels ont certainement écarté du LOF les sujets qui auraient pu menacer nos races de la dégénérescence. Fort de cela, nous pourrons d’ici quelques années faire preuve de plus de sévérité et entrer petit à petit dans les détails de conformation. Mais aujourd’hui c’est à la taille que nous voulons donner toute son importance… Toute taille inférieure à 56cm chez les labradors mâles, 55cm pour les Labradors femelles, 55cm pour les Goldens mâles et 50cm pour les Goldens femelles devront sans appel entraîner le refus de confirmation ».

Plus aucune publication ne nous donnera d’informations sur la vie du club avant 1976

histoire11Années 1976-1978

Durant cette période de silence, le RCF a perdu 3 membres prestigieux : Le président d’honneur Maître Faroux, Walter Atkins qui en était membre d’honneur et Monsieur Gérard Husson.

Walter Atkins (assis à gauche de la photo ci-contre) arriva en France à l’époque où le club était géré par Messieurs Tabourier et Bonvouloir. Il fut à l’origine d’une méthode de dressage qui influença beaucoup le monde des retrievers et faisait encore référence à l’heure où ces lignes étaient écrites. Après avoir été président, Maître Faroux occupa pendant de nombreuses années encore le poste de « secrétaire-trésorier » du club. Quant à Monsieur Husson, on retiendra qu’il fut un juge de travail remarquable, apprécié et respecté.

L’exposition de Paris de 1976 eut pour particularité de voir, pour la première fois, un juge anglais invité à juger les retrievers en la personne de Madame Ann. L. Wynyard, éleveuse de labradors sous affixe Braeduke. Elle livra pour notre club un très long compte rendu… Ses propos ne furent guère tendres !!

Le club s’inquiète toujours des problèmes liés à la confirmation : « Trop de propriétaires continuent à utiliser le mot golden pour préciser la couleur des labradors qui ne sont pas noir. C’est une hérésie. Le Golden est une race. On aimerait qu’à l’avenir les juges ne laissent plus passer des bulletins ainsi rédigés et les fassent corriger par les propriétaires ». Puis on aborde l’épineux problème de l’efficacité des confirmations : « Si l’on considère qu’en 1975, 273 retrievers ont été confirmés avec seulement 12 refus soit moins de 4,5% de chiens écartés, on peut se demander si tout cela est vraiment sérieux ! On pourrait aussi prétendre que le travail est accompli et que nos races ont été purgées ce qui expliquerait ce chiffre négligeable de refus. Soyons réalistes, cet état de chose se projette dans l’avenir lointain et d’autant plus lointain que nos juges seront coulants ! »

Toujours en 1976, se tient pour la première fois un field trial en dehors de la région parisienne, en Alsace. Il est organisé par le Baron Zorn von Bulach et monsieur Raymond Ohl. Malgré le succès de cette épreuve, la distance séparant l’Alsace de la capitale qui est jugée contraignante.

Paris toujours… En aout 1978, l’éditorial de notre revue se désole du fait que la majorité des membres du club résident en région parisienne alors que le club a une vocation nationale. A compter de cette même année, la revue de notre club fusionne avec celle du Spaniel Club de France. Ce mariage prendra fin en 1981.

De cette période il faut encore retenir :

  • L’inquiétude qui nait à propos de la cécité chez nos retrievers. Le RCF étudie une politique d’élevage venue d’Allemagne visant à limiter les maladies oculaires.
  • L’inquiétude concernant l’avenir des field trials pour retrievers. En effet le RCF n’organisait à l’époque que deux épreuves par an, toutes deux en région parisienne à Langesse et à Breuil. « Il ya trop d’engagés dans ces deux épreuves…trop de chiens au dressage insuffisant… la province va devoir se mettre au travail et suivre l’exemple alsacien…. il faut que dans l’avenir nos fields en régions parisienne soient des finales auxquelles participeront les chiens sélectionnés en province ».
  • On déplorait le trop grand nombre de portées issues de chiens uniquement sélectionnés pour la compagnie et on appelait donc à une vigilance accrue lors des examens de confirmation

Années 1979-1985

histoire12Le 11 septembre 1979, Monsieur Olivier Bauche a été élu à l’unanimité président du RCF. Il sera un ardent défenseur de l’utilisation de nos races en tant que chiens guides d’aveugles. Déplorant lui aussi le peu de représentativité des régions dans la vie du RCF, il ouvrira la réflexion sur les délégués régionaux et fera de l’effort de régionalisation du club sa priorité pour 1980. Le premier délégué régional de l’histoire du club sera lyonnais, en la personne de Monsieur Jean Dupuis qui organisera en cette année 1980 la première journée familiale telle que nous la connaissons encore aujourd’hui.

Ci contre, Monsieur Olivier Bauche.

 

 

histoire13Le 26 septembre 1981 se tient au château de Langesse (Loiret) notre toute première nationale d’élevage, beau cadeau d’anniversaire pour les 70 ans du RCF. Ce sera le Golden Retriever suisse Westland Sunshine, produit par Madame Sally Gray-Bloechliger, qui sera désigné BIS de cette première édition. La seconde édition, en 1982, sacrera le mythique Labrador Sandyland Rip Van Winckle.

En cette même 1982, le club compte 900 membres mais le président Bauche déplore toujours le trop peu de fields organisés chaque année et termine en poussant un cri du cœur : « Il y a trop de labradors, pas assez de Goldens…quant aux Curlies, Flats et Chesapeakes, où sont-ils ? »

Et pour la première fois s’exprime officiellement l’inquiétude que suscite la dysplasie de hanche que le président qualifie de « nouveau fléau ».

 

Une réunion de comité extraordinaire consacrée à ce sujet s’est tenue le 8 novembre 1982. Le comité du RCF, éclairé par le Dr Métivet, vétérinaire et membre du comité (il occupera plus tard un très court mandat de président…) adopte le principe du dépistage radiographique qui vient d’être mis au point. Un programme de sensibilisation des éleveurs est élaboré. Une commission dysplasie est créée, présidée par le professeur Moraillon, directeur de l’école vétérinaire de Maison Alfort. Les radios doivent être envoyées au président du club qui fait le vœu pieux de publier régulièrement la liste des chiens dépistés et reconnus indemnes de dysplasie.

 

histoire14Ci contre : Première nationale d’élevage à Langesse, le président Lacarriere, assis au centre est entouré de deux autres anciens présidents, Monsieur O. Bauche tout à gauche, et, lui chuchotant à l’oreille, le Baron Elie de Rothschild.

 

Toujours en 1982, le club parle pour la première fois d’une race qui vient tout juste d’être enregistrée par la FCI…le Nova Scotia Duck Tolling Retriever….et l’on évoque l’espoir de voir très prochainement apparaître une procédure de dépistage de la PRA par examen ophtalmologique.

Dans son rapport moral pour l’exercice 1985-1986, le président se plaint du peu de chiens soumis au dépistage de la dysplasie de hanche et appelle les éleveurs à plus de responsabilité en ce domaine. En 1985, la commission dysplasie a enregistré « avec surprise » 93 chiens ayant bénéficié d’un dépistage radiographique des hanches avec 16,13% de chiens atteints. «93 chiens radiographiés pour plus de 2500 naissances, c’est une honte » tonne le président Bauche ! En effet cette année, le LOF avait enregistré la naissance de 2527 Labradors, 280 Goldens, 3 Flatcoateds et 3 Chesapeakes. Toujours en 1985, le Duc et la Duchesse de Chevreuse ont mis leur château de Dampierre-En-Yvelines à la disposition du RCF permettant à la nationale d’élevage de s’y tenir le 22 septembre.  Notre club voit arriver l’outil informatique et dispose à présent de 14 délégations régionales. On retient par ailleurs la mise au point toute récente du vaccin contre la Piroplasmose.

 

Dampierre première, les trophées sont remis par la Duchesse de Chevreuse :

histoire15histoire16

histoire17Années 1986-1988

Olivier Bauche a mis fin à ses fonctions de président en septembre 1985. Le nouveau président élu est monsieur Alexandre André. Le vice–président est monsieur le Comte Charles de Ganay.

On note en cette année la création du TAN. On insiste beaucoup au comité sur la nécessité de « bien séparer les qualités innées de nos chiens des qualités acquises par le dressage ». La première épreuve se tient le samedi 19 septembre 1986 à Fleury-En-Bière dans la propriété du Comte Charles de Ganay.

La nationale d’élevage 1987 s’est tenue au château de Chambord dans le cadre du Game Fair et a été remportée pour la première fois par un Flatcoated, Ch. Branchawood Islay.

Le président profite de cette manifestation pour évoquer la nécessité d’harmoniser les jugements entre les différents juges, tant en beauté qu’en travail. Il déplore une fois que trop de chiens soient mal présentés en exposition et se pose la question de rendre obligatoire ou non l’obtention du TAN pour être confirmé.

Le nombre de délégations régionales passe à 16 et les portées enregistrées par la SCC seront désormais consultables sur…Minitel !

Années 1989-1993

Le club noyé sous des problèmes a connu une crise qui a contraint Alexandre André à démissionner de ses fonctions de président et à quitter le comité. Appelé au secours, le Baron Elie de Rothschild a accepté de reprendre le club en main et à en assurer temporairement la présidence. Dans son éditorial il souhaite un mandat de transition le plus court possible et lance un appel à candidature pour le remplacer dans ses fonctions dès que possible. Mais faute de candidats à sa succession, il effectuera un mandat de 6 ans !

L’année précédente, en 1988, la nationale d’élevage était revenue à Dampierre-En-Yvelines et fut honorée par la visite du président de la république en exercice, monsieur François Mitterand, arrivé à l’improviste et par hélicoptère. Le château de Dampierre hébergera notre nationale jusqu’en 2002 inclus.

 

histoire18

Ci contre : Visite de François Mitterand. A sa droite, le président Alexandre André et derrière celui-ci, le Dr. Métivet.

En 1989 y seront présentées les premières carabines lance-apportable par monsieur Christian Combettes. Elles bénéficieront d’un testeur de luxe en la personne de l’ex président de la république, monsieur Valéry Giscard d’Estaing qui était venu y faire confirmer son labrador. Autre évènement notable de cette édition, la présence pour la première fois de 3 Nova Scottias qui seront jugés par Mr. de Rothschild. Les six races de retrievers sont enfin présentes ensemble à notre NE.

Dampierre 1989 : Première apparition de Nova Scottias, participation active de monsieur Valery Giscard d’Estaing et premières carabines lance-apportables proposées par Christian Combette.

histoire19NE92 6 races 2

histoire20histoire21histoire22

 

La commission dysplasie est morte et remplacée par la commission des tares héréditaires. En effet, les affections héréditaires, notamment oculaires, font de plus en plus parler d’elles. Pour la première fois, le club publie la liste des 48 vétérinaires spécialisés en ophtalmologies répertoriés en France et habilités à effectuer le dépistage de ces affections. En juin 1990, le comité adresse une lettre ouverte aux éleveurs pour les sensibiliser à la problématique croissante de la dysplasie de hanche.

 

En 1991 on retrouve plusieurs traces de l’inquiétude suscitée par la morphologie des chiens de travail et l’évolution que suit leur conduite en concours. « Robotisation », voici le mot qui fait peur. La revue reproduira un long article consacré aux chiens « surdressés » par Peter Moxon dans la revue shooting time. Cette même année voit la parution du premier year book du club.

Toujours en cette année 1991, les éleveurs de labradors se plaignent de plus en plus de l’augmentation rapide du nombre de chiens atteints de maladies héréditaires. Monsieur de Rothschild, Madame de St. Fuscien, alors secrétaire générale, et le Dr. Begon représentent le RCF au symposium international de Dortmund, en Allemagne, consacré aux maladies génétiques en élevage canin. C’est d’ailleurs sous l’impulsion de Madame de St. Fuscien que le RCF a structuré son organisation et ses moyens de dépistage des maladies héréditaires. Peu de temps après le président Rothschild rencontrera des représentants du Kennel Club anglais qui travaille de façon intense sur le dépistage de la PRA. Le RCF envisage de s’inspirer des procédures mises en place outre-manche en ce domaine. Enfin, lors de la réunion de comité du 23 septembre est décidé d’autoriser l’utilisation de reproducteurs dont le score de dysplasie est coté C sous réserve qu’ils soient croisés avec des chiens cotés A.

Et pour clore cette année 1991, mentionnons la décision de rééditer le livre du Comte Jules de Bonvouloir consacré aux retrievers.

 

histoire23L’année 1992 sera elle aussi riche en évènements à commencer par la disparition du président Francis Lacarriere. Alors qu’on parle pour la première fois des myopathies chez le labrador et le golden, ces races sont régulièrement mises à l’honneur pour leur rôle de chiens d’utilité. Plusieurs articles de la revue sont consacrés au retriever chien guide d’aveugle, chien d’assistance aux handicapés, chien de recherche en décombre, chien détecteur de drogue. Chiens d’utilité mais aussi chiens brutalement touchés par la mode à tel point que le président consacre à « la folie de l’animal de compagnie » un éditorial entier.

La santé de nos races reste une préoccupation et l’on commence à parler des dangers et des ravages des « tares récessives ». Rédaction de la charte de l’éleveur qui suscite alors bien des remous.

Sur un tout autre plan, les 14 et 15 aout, la France participera au troisième working test international à Lommel en Belgique.

 

En 1993, du 12 au 13 décembre, la France participe à la première coupe d’Europe de field trial pour retrievers à Gembloux en Belgique. L’équipe est sous la direction de Jean-Louis Pigal et est composée de Madame Danielle Chalard et Messieurs Harry Watson, Julien Robert et Jacques Monscavoir.

histoire24Années 1994-1995

Le club crée une commission d’élevage dont la fonction prioritaire sera « de poursuivre le travail initié dans la lutte contre les maladies héréditaires ». Elle sera présidée par le Dr. Jean-Marie Métivet.

Le président Rothschild et la secrétaire générale Madame de St. Fuscien font savoir qu’ils ne se représenteront pas aux prochaines élections.

Suite à l’assemblée générale du 5 juin, monsieur le Comte Charles de Ganay est élu nouveau président du RCF. (Photo ci-contre, à sa droite Mr. Jacques Goubie)

De son court mandat, on retiendra la publication dans le bulletin de décembre 1995 d’un document intitulé « certificat d’examen oculaire – mode d’emploi ».

Année 1996

Le Dr. vétérinaire Jean-Marie Métivet est le nouveau président. Le format de la revue change radicalement abandonnant son aspect luxueux pour l’époque. De format aussi plus réduit, sa publication sera bimensuelle.

Mais dès le numéro de septembre, voici ce que nous apprend l’éditorial : « …comme la rumeur vous l’a sans doute appris, le navire RCF a essuyé un coup de tabac qui a failli le faire chavirer. Il est revenu au port pour une sérieuse révision en cale sèche… ». Monsieur Bernard Ramade a été désigné pour prendre provisoirement la direction du club et la totalité du comité sera soumis aux élections au courant de l’année.

Que s’est-il passé. Dans une lettre écrite le lendemain de la réunion de comité du 20 juin 1996, le président Métivet annonce qu’il renonce à poursuivre son mandat faute de pouvoir constituer un bureau. En effet de profondes divergences ont vu le jour et trois membres d’importance ont démissionné en même temps. L’ancien président Bauche, le vice-président Geoffroy de Seynes et le trésorier monsieur Jean-Louis de St. Fuscien. Le club sera mis sous tutelle et monsieur Renaud Buche est nommé « observateur du RCF » par la Société Centrale Canine. Le 14 septembre se tient une AG extraordinaire au cours de laquelle seront adoptés de nouveaux statuts. La commission d’élevage est remplacée par les collèges de race que nous connaissons aujourd’hui. La date des élections du nouveau comité est fixée au 4 décembre et c’est monsieur Buche qui se charge des convocations.

histoire25Années 1997-1998

Le nouveau comité est en place. Monsieur Ramade en a été élu officiellement président, les deux vice-présidents étant messieurs Geoffroy de Seynes et Philippe Copiatti.

Monsieur Bernard Ramade à la NE de Dampierre en 1995.

Le nouveau comité travaillera à l’élaboration des nouveaux règlements pour les field trials, les épreuves sélectives et le TAN. Ceux-ci seront publiés dès début 1998. Sera également créé le BICP (Brevet International de Chasse Pratique) pour retrievers. La revue publie dorénavant la liste des chiens recommandés.

En juin 1998, le président appelle de ses vœux que le dépistage des « tares oculaires », c’est ainsi qu’on nommait nos MHOCs actuelles, et de la dysplasie de hanche soient rendus obligatoires. Dès septembre sera proposé un dépistage des « tares oculaires » dans le cadre de la NE.

En cette même année, suites aux nombreuses interrogations que suscitent la couleur marron du labrador, le club publie pour la première fois un article sur la génétique des couleurs de robe dans cette race sous la plume de monsieur Christian Combettes.

Septembre 1999

histoire26

Parution du dernier bulletin RCF du XXe siècle.

Suite aux élections qui se sont déroulée après l’AG du 5 juin, Monsieur Gilbert Rault est le nouveau président du club, celui qui le fera entrer dans le nouveau siècle. On trouve dans ce dernier numéro une longue présentation des activités praticables par nos retrievers. On en retrouve 18. Les activités cynégétiques bien entendu avec un chapitre entier consacré à la recherche du grand gibier blessé. Les activités diverses de chien d’utilité chapitre dans lequel le sauvetage en mer trouve sa place. Parmi les autres activités, le club parle de l’agility et du cavage. Le club compte alors 25 délégations régionales. En cette dernière année de ce travail, les journées familiales organisées dans ces délégations auront permis à 250 chiens d’obtenir leur sélectif B soit un taux de réussite de 50%, 200 ont obtenu leur sélectif A soit un taux de réussite de 60% et enfin, 350 chiens sont admis au TAN ce qui représente 90% de réussite. En cette même année furent organisés 32 field trials avec un total de chiens inscrits de 1200, 889 à la française et 311 à l’anglaise. Enfin on notait 7 BICP auxquels participèrent 92 chiens.

 

Par la suite et jusqu’à aujourd’hui le club connaîtra encore trois présidents :

- Madame Monique Legrand-Leloup de 2002 à 2005.

- Monsieur Philippe Copiatti de 2005 à 2009.

- Monsieur Jacques Monscavoir depuis 2009.

 

 Sources :

- Les premières années de vie de notre club ont fait l’objet d’un remarquable travail de la part de monsieur Bruno Claeys « Si le Retriever Club m’était conté – de sa création au sortir de la deuxième guerre mondiale ». http://www.labradors-retrievers.net/RetrieverClub.pdf

Qu’il soit ici remercié de nous avoir autorisé à utiliser son travail que nous vous engageons vivement à consulter.

- « En relisant la revue » article publié dans le bulletin N°58 de l’été 2014 et complété par la relecture des revues de 1991 à 2000. Jean-Marc Wurtz